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Taxi Driver (1976) de Martin Scorsese

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Un film de Martin Scorsese avec Robert De Niro, Jodie Foster et Harvey Keitel Scénario de Paul Schrader

Distributeur : Les Grands Films Classiques - Editeur DVD : GCTHV Sortie à la Vente en DVD le 19 Septembre 2007 Sortie en salles le 10 Novembre 2004 (Reprise, Première sortie le 06 Janvier 1976)

Palme d'Or - Cannes 1976

Synopsis : De retour du Vietnam, Travis Bickle, marqué psychologiquement par cette guerre, est engagé dans une compagnie de taxis. Très vite, le spectacle dépravé dont il est témoin chaque nuit alimente sa haine, sa violence et réveille en lui tous ses traumatismes, ses obsessions. Sa rencontre avec une jeune prostituée de 14 ans qu'il aide à quitter son souteneur va tout changer… Il devient ainsi le héros d'un fait divers…

Plus de 30 ans après sa 1ère sortie salles, le film a certes pris quelques rides, mais le mal être grandissant de l'ange exterminateur Travis, qui traîne la nuit ses insommnies dans les rues glauques et les cinémas pornos sordides de New-York reste d'une efficacité intacte.

Magnifiquement servi par le jeu de Robert de Niro, la photographie de Michael Chapman et la musique de Bernard Hermann (célèbre compositeur qui travailla, entre autres, sur nombre de grands films de Alfred Hitchcock), Martin Scorsese obtient avec ce film un de ses premiers grands succès et nous livre ici, à l'état brut, un des thèmes fondateurs de toute sa filmographie : La Rédemption - et qui trouva plus tard sa pleine expression dans le très controversé "La dernière tentation du Christ" (1988).

Alors, faut-il aller jusqu'à voir en Travis Bickle la figure moderne d'un Christ "exterminateur" qui a pour mission sur terre de nettoyer la ville de ses nouveaux marchands du temple ? Je ne pense pas ... mais la superbe scène finale de la tuerie puise toute son intensité et sa justification dans cette idée même de rédemption : accepter ses souffrances jusqu'au sacrifice pour le salut des autres et ... le sien !

mon avis : Exceptionnel


Extrait du flm Taxi Driver
La fameuse réplique "You talkin' to me"

La petite histoire veut que ce soit Robert de Niro qui ait improvisé la fameuse réplique "You talkin' to me ?" ...


La scène finale du "shootout" dans le film Taxi Driver

Autour du film :
Au mois de décembre 1975, Scorsese venait de terminer Taxi Driver, projet qui s’avéra difficile à financer. Le scénario original etait de Paul Schrader qui avait rapidement acquis une excellente réputation de scénariste, après s’être fait un nom comme critique. Conçu à l’origine pour le réalisateur George Mulligan, avec Jeff Bridges pour le rôle-titre, le script fut finalement acheté par les producteurs Michael et Julia Philips, qui, bien qu’ils aient gagné un oscar pour L’arnaque, réunirent difficilement la somme de 1,3 millions de dollars.

Commentaires de Martin Scorsese, extraits de SCORSESE PAR SCORSESE de David Thompson et Ian Christie aux éditions les Cahiers du cinéma en 1989

Presque tout dans TAXI DRIVER vient de ce que je pense que les films sont une sorte d’état onirique, comme quand on prend de la drogue. Le choc qu’on ressent en sortant de la selle dans la pleine lumière du jour peut devenir terrifiant. (…) Le film dans son ensemble découle un peu des impressions qu’a ressenties un homme né à New York et qui y vit. Il y a un plan où la caméra a été montée sur le capot du taxi qui passe devant une enseigne où il y a écrit « fascination ». C’est tout le sens du film : être fasciné, cet ange exterminateur qui flotte à travers les rues d’une métropole qui représente à mes yeux toutes les grandes villes.(…)

Je n’ai jamais su qu’elles étaient les sources documentaires de Paul Schrader (le scénariste). Mais j’ai lu les mémoires écrits dans un souterrain de Dostoïevski quelques années avant et je voulais en faire un film ; et TAXI DRIVER est ce qui y ressemble le plus. De Niro, de son côté, pensait à une idée de scénario sur le thème de l’assassin politique et il m’en avait résumé l’intrigue. A l’époque, nous n’étions pas très proches, je n’avais travaillé avec lui que sur Mean Streets, mais en lisant le scénario, il m’a dit que c’était très proche de ce qu’il avait en tête et qu’il pouvait donc oublier son idée initiale.

Il faut bien comprendre que Travis a les meilleures intentions du monde ; il croit bien faire, comme Saint-Paul. Il veut donner un grand coup de balai dans l’existence, laver son esprit, purifier son âme. C’est un mystique mais au sens où Charles Bronson l’était, ce qui ne veut pas dire que c’est une vertu. La clé du film, c’est l’idée qu’il faut être assez courageux pour accepter ses propres sentiments et les transformer en actes. Instinctivement, j’ai montré que l’action n’était pas une fin en soi, et ça a créé un regard encore plus distancié sur ce qui se passe…

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Auteur: lesbellesmanieres

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