Un film de William Friedkin, avec Gene Hackman, Fernando Rey, Roy Scheider, Tony Lo Bianco, Marcel Bozzuffi... Titre original : FRENCH CONNECTION (Etats-Unis) Genre : Action, Drame - Duree : 1H43 mn Editeur DVD : Fox Pathé Europa (FPE) Sortie Blu-Ray le 11 Décembre 2008 Année de production : 1972

Oscar du meilleur film Oscar du meilleur réalisateur Oscar du meilleur acteur Oscar du meilleur montage Oscar du meilleur scénario adapté

Synopsis : Jimmy Doyle et Buddy Russo sont deux flics chargés de démanteler " filière française " par où transite de la drogue en partance pour les U.S.A. L'enquête menée par Doyle les mène à suspecter les patrons d'une petite boutique de confiserie à Brooklyn. A près de nombreuses filatures, Doyle et Russo démasquent deux patrons de la filière : Nicoli et Charnier venus s'installer clandestinement aux USA. Ils sont couverts par un célèbre présentateur de télévision Devereaux...

Le film policier culte des années 70 ! Basé sur une histoire vraie, celle de la fameuse "french connection" (cf. ci-dessous), réalisé par le grand William Friedken et interpétré par le non-moins grand Gene Hackman ... Un pur régal !


Extrait du film Frenh Connection
La scène de la poursuite en voiture

Pour l'anecdote :
Contrairement à celle du film Bullitt avec Steve McQueen, sorti trois ans plus tôt, la scène de la course poursuite entre Jimmy Doyle et le malfaiteur ne suit pas un modèle de précision où les évènements s'enchaînent de façon métronomique. Friedkin a demandé à Gene Hackman (Jimmy Doyle) de conduire le plus rapidement possible (50 km/h avec capture par ralentis) alors que la circulation n'avait pas été stoppée pour le tournage. Il en ressort une quasi-improvisation filmée par William Friedkin se trouvant dans la voiture de Gene Hackman pendant la scène. Certains vont même jusqu'à dire que, négligeant les risques, le réalisateur aurait fait courir un grave danger à son acteur principal puisqu'à plusieurs reprises, sa voiture serait entrée en collision avec d'autres véhicules, chose qui n'avait pas été prévue mais qui sera conservé lors du montage final du film.

Autour de la French Connection :

La French Connection est une appellation d'ensemble pour désigner la totalité des acteurs qui prirent part à l'exportation d'héroïne depuis la France jusqu'aux États-Unis. Malgré les idées reçues, il ne s'agissait pas d'une seule et même organisation mais d'une multitude de réseaux et d'équipes disposées pour la plupart à Marseille et Paris, mais aussi dans des villes moins en avant comme Bordeaux ou Le Havre. Importée en France depuis l'Orient (Turquie, Indochine, Syrie), la morphine-base était ensuite transformée en héroïne dans des laboratoires installés pour la plupart dans le sud de la France pour finalement prendre la route des États-Unis. Les trafiquants français étaient à cette époque les principaux fournisseurs des organisations criminelles américaines. Ce système avait été imaginé par les gangsters marseillais Paul Carbone et François Spirito dans les années 1930 à une échelle assez restreinte. Avant que le marché n'explose dans les années 1950 et 1960, sous le règne d'Antoine Guérini, époque où l'ensemble des réseaux de la French Connection envoyait en moyenne 270 kilos d'héroïne mensuels aux États-Unis.

Auguste Ricord, François Spirito, Jean-Baptiste Croce, Joseph Cesari, Paul Mondoloni, Jean-Claude Kella, Salvatore Greco ou encore Nick Venturi sont quelques-unes des figures marquantes de la French Connection. La French Connection aussi connu sous le nom de Corsican Connection, car la majeure partie de ses dirigeants étaient Corses. Elle traitait avec les parrains mafieux italo-américain Lucky Luciano et Meyer Lansky.

Des années 1930 aux années 1950

Les premiers laboratoires illégaux furent découverts, prés de Marseille, en France, en 1937. Ces laboratoires furent mis sur pieds par le parrain marseillais de l'époque, d'origine corse, Paul Carbone. Durant des années, le milieu corse avait mis au point ce trafic international d'héroïne pour inonder le marché américain. Ce réseau créé fut appelé French Connection.

Après la Seconde Guerre mondiale, le milieu corse, ainsi que la mafia sicilienne et napolitaine, collaboraient avec les services secrets américains comme la CIA et le SDECE. Cette collaboration avait pour but de préserver le port de Marseille de l'emprise des communistes.

La morphine-base servant à la préparation de l'héroïne était importée d'abord d'Indochine, puis de Turquie. La transformation était opérée dans des laboratoires clandestins à Marseille et dans ses alentours. L'héroïne marseillaise était réputée pour sa grande qualité, pure à près de 98 % (contre 60 % à 70 % pour les autres productions de l'époque). Les chimistes du Milieu marseillais, notamment Jo Césari, étaient particulièrement recherchés.

Marseille, de par sa position de carrefour de la Méditerranée, servait de port d'entrée pour l'Europe de toutes sortes de trafic de produits illégaux, dont notamment l'héroïne.

La première prise significative, de l'après-guerre, date du 5 février 1947 avec 3 kg d'héroïne. Elle s'effectua sur un marin corse, arrivé de France.

De fait, il devenait clair que le milieu français tentait de s'imposer de plus en plus dans le trafic international de l'opium. Cette intuition s'avéra confirmée par la prise de 13 kg d'héroïne, le 17 mars 1947, sur le paquebot St. Tropez. De même, le 7 janvier 1949, la police saisit plus de 23 kg d'opium et d'héroïne sur le bateau français Batista.

Des années 1960 aux années 1970

La première affaire importante, liée à la French Connection, date de 1960. En juin, un informateur fait une révélation à un agent de la lutte contre les stupéfiant. Mauricio Rosal, l'ambassadeur Guatelmaltèque, en poste à Beyrouth au Liban, était un trafiquant d'héroïne entre Beyrouth et Marseille. Les agents de lutte contre les stupéfiants saisissaient environ 90 kilos d'héroïne par an. Mais les différents services évaluaient le trafic de stupéfiants, mise au point par les corses, à 90 kilos par semaines. Rosal, seul, en un an, à passé plus de 200 kilos d'héroïne en utilisant son seul statut d'immunité diplomatique.

Le rapport, du Federal Bureau of Narcotics's de 1960, estimait le trafic annuel d'héroïne entre la France et les USA entre 1200 et 2300 kilos. Les trafiquant français satisfaisaient la demande de 80 à 90 % du marché.

Une note de la CIA datée de 1961 accuse le représentant de Ricard en Amérique du Nord, Jean Venturi d'être aussi le distributeur de la French Connection. Il n'a pas été inquiété, mais a été prié de quitter le territoire des États-Unis en 1967.

Vincent Papa et Anthony Loria Sr, deux poids lourds de la fameuse French Connection faisait partie de la French aux Etats-Unis. Pour cela, elle avait corrompu un grand nombre de policiers de la New York City Police Department. Même de nos jours, on n'est toujours pas arrivé à mesurer le degré de cette corruption. Mais ce qui est sûr, c'est que ce sont des policiers en uniformes qui avaient accès aux saisies de plusieurs centaine de kilos de drogues, provenant de la French Connection, et qui les subtilisaient contre de la farine de brioche. Le subterfuge fut découvert lorsque des policiers non-corrompus découvrirent des insectes mangeant les colis de fausse héroïne. Les autorités estiment que le vol pourrait s'élever pour une valeur à la revente dans la rue à environ 70 millions de $. Certains conspirateurs furent condamnés à des peines de prison, dont Papa (Papa sera plus tard assassiné dans le pénitentier fédérale d'Atlanta, en Géorgie (État)). Le témoignage de Frank Serpico devant Commission Knapp de la DEA confirmera les faits.

La French Connection chuta lorsque les autorités françaises arrêtèrent un certain nombre de trafiquants, suite aux injonctions, en 1971, de l'administration Nixon. Santo Trafficante Jr, Parrain de la Famille de Tampa, en Floride, est soupçonné d'avoir joué un rôle dans le démantellement de la French Connection en faisant jouer de ses réseaux auprès de Richard Nixon.

En février 1972, les douaniers français arraisonnent le chalutier Caprice des temps au large de Marseille et opèrent une saisie record de 425 kg d'héroïne. Cette saisie marque la fin de l'apogée de « la French ». Ce n'est pas à cette date, loin s'en faut, que la French a été démantelée, il faut citer après cette saisie record effectuée par les douanes, le démantèlement par la police judiciaire de Marseille de plusieurs laboratoires de transformation de morphine base en héroïne, le plus célèbre étant celui découvert à Aubagne connu sous le nom de « Labo Césari ». La French Connection aurait été financée par l'argent de la carlingue par l'intermédiaire d'Auguste Ricord, agent de Lafont, arrêté en septembre 1972, jugé et condamné aux États-Unis.

Elle fut remplacé par la Pizza connection, le milieu français étant court-circuité.